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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Talion

Diaz, Santiago

Le Cherche Midi

12 juillet 2020

Espagne, policier

J’ai aimé suivre Marta : ses rencontres avec une prostituée roumaine, avec un beau serveur métis.

J’ai aimé découvrir Daniela : son mari et son fils ainé mort lors d’un attentat d’ETA, ses problèmes avec son second fils qui l’entraîne du côté des néo-nazis.

J’ai aimé que les deux femmes se croisent et se recroisent au gré du récit, sans se connaître, jusqu’à ce que la lieutenant de police mettre un nom et un visage derrière le personnage de Talion.

J’ai aimé les personnages secondaires : Pichichi star de foot mais qui plonge dans la drogue à cause de sa famille ; Nicoletta jeune prostituée roumaine dont on suit le calvaire depuis son village natal jusqu’à Madrid.

Un roman qui débute dans la capitale espagnole et m’a emmené à Malaga et au pays basque.

Et bien sûr, un roman qui pose la question : est-ce moral de tuer les tueurs ?

L’image que je retiendrai :

Celle de Pichichi traînant une palette en bois vers ses dealers pour se faire quelques sous et acheter sa drogue.

https://alexmotamots.fr/talion-santiago-diaz/

Courtial, Eric

Caïman

12 juillet 2020

Lyon, policier

J’ai aimé me retrouver à Lyon, sous le tunnel de Fourvière. Le gang opère rapidement et le suspense ne fait qu’augmenter.

La seconde partie du roman est consacré à la chasse aux coupables, sans temps mort, jusqu’à Chasse-sur-Rhône et Vénissieux.

Et puis le cerveau de l’affaire, 0, m’a surpris.

Une excellente lecture, un roman inventif et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des sacs de ballons de foot jetés sur des jet-skis sur le Rhône.

https://alexmotamots.fr/tunnel-eric-courtial/

Meurtres à Atlanta
12 juillet 2020

enquête, ségrégation

Ce livre, qui n’est pas un roman, a été écrit et publié en 1985, il s’agit donc d’une ré-édition.

Entre 1979 et 1981, vingt-huit enfants, tous âgés entre 7 et 16 ans, tous noirs, tous issus de familles pauvres, sont assassinés à Atlanta, Géorgie, dans le Sud profond des États-Unis.

En juin 1981, un Noir de 23 ans, Wayne Williams, est arrêté pour le meurtre de deux hommes. C’est le suspect idéal. Et c’est lui qui sera jugé, puis condamné à la prison à vie pour le meurtre des vingt-huit enfants, sans aucune preuve tangible.

Quand l’auteur est invité à écrire un livre sur les meurtres de ces enfants, il accepte. Après une enquête menée sur place, quatre ans après les événements, Baldwin ne conclut ni à la culpabilité de Williams, ni à son innocence.

L’essentiel est ailleurs.

Ce livre tire plus du côté de l’étude sociologique de la place de l’homme noir dans la société américaine encore très marquée par la ségrégation.

J’ai été étonné que l’auteur montre que le suspect ne pouvait pas être le coupable. Encore un innocent en prison…

Des citations qui parleront mieux que moi :

Atlanta, « la ville trop occupée à gagner de l’argent pour haïr. » (p.33)

Mais il semble que (l’accusé) n’ait jamais appris à s’aimer lui-même. (p.43)

Il existe, selon Andrew, un mal qui atteint particulièrement la communauté noire, la sorriness, une sorte de pitié de soi-même. Cette maladie frappe les Noirs de sexe masculin. Elle est transmise par la mère, dont l’instinct est évidemment de protéger le mâle noir de la destruction qui le menace dès lors qu’il s’affirme en tant qu’homme. Un des résultats de ce processus est que le frère risque de ne jamais grandir. (p.44)

Le Destin manifeste, par exemple, n’est rien moins qu’une justification de la pratique délibérée et calculée du génocide. (p.75)

A propos des européens : Ils n’ont jamais eu de respect les uns pour les autres et comment pourrait-on concevoir qu’ils en aient un jour ? Les Anglais traitent les Écossais et les Irlandais comme des chiens, et se traitent entre eux de la sorte. (p.125)

Il n’y a pas un seul raciste en ce monde qui ne soit un menteur et un lâche. (p.150)

Oui, ce système n’a raconté aux Noirs et à lui-même que des mensonges. (p.158)

https://alexmotamots.fr/meurtres-a-atlanta-james-baldwin/

Rien dans la nuit que des fantômes
12 juillet 2020

Enquête, Mississippi

Au rythme lent du Mississippi, de la chaleur torride d’un été, on suit Billie dans la maison délaissée de sa grand-mère.

Au fil des chapitres, on découvre son voisin blanc Harlan qui aimerait l’aider dans sa quête de vérité ; le professeur Melvin écrivant une biographie de son père ; l’oncle Dee qui aimerait bien raconter à Billie mais ne le peut pas, et d’autres personnages tout aussi taiseux.

J’ai été dérouté à chaque nouveau chapitre, car l’auteure nomme le personnage dont il sera question. Mais ce personnage ne parle pas à la première personne. Mais cela m’a aidé dans ma lecture.

Qu’ils m’ont frustré, ces personnages taiseux qui, trente ans après les faits, ne veulent rien dire.

Qu’il m’a paru bouffon, le meurtrier, qui demande platement pardon après s’être caché.

Un roman lent, au rythme du Sud profond des États-Unis où la ségrégation raciale est encore une plaie vivace.

Une citation :

Mais les mots portent en eux le sang : ils ont le pouvoir de faire advenir le destin quand ils passent d’une bouche à un cœur.

L’image que je retiendrai :

Celle du bois derrière la propriété de Billie infesté d’insectes dangereux pour Rufus, son chien. Mais ce dernier a plus à craindre des hommes.

https://alexmotamots.fr/rien-dans-la-nuit-que-des-fantomes-chanelle-benz/

NEZIDA
17,00
12 juillet 2020

19e siècle, femmes

Nous n’entendrons la voix de Nézida qu’au premier et au dernier chapitre. Nous découvrons sa vie par petites touches, au gré des paroles de celles et ceux qui ont croisé sa destinée.

Née dans une ferme près de Dieulefit, elle est la première née et a le désavantage d’être une fille.

Si elle n’est pas proche de sa mère, elle le sera de ses deux petits frères.

Son père voit d’un bon œil qu’elle continue d’aller à l’école, marquant ainsi son indépendance d’esprit.

Elle se mariera avec un bourgeois de Lyon, découvrant ainsi la ville.

J’ai aimé Nézida, au prénom si étrange, au caractère affirmé.

J’ai aimé ses amitiés si franches, si fortes.

J’ai découvert la communauté protestante de la Drôme et de Lyon, où règne austérité et foi, mais aussi partage et aide aux plus pauvres.

L’auteure m’a fait aimer ces fermes du comté de Dieulefit, où le vent souffle fort, où les pierres parsèment le chemin, où les hivers sont rudes et les fêtes exceptionnelles.

Le tissage de la soie est en déclin à Lyon, le progrès fait son apparition, suscitant de la méfiance.

Une vie trop brève, fulgurante comme le vent sur les pierres de Dieulefit.

L’image que je retiendrai :

Celle du port de tête de Nézida, qui suscite bien des commérages.

https://alexmotamots.fr/nezida-valerie-paturaud/